Elie : Salut,
j'ai beaucoup réfléchi depuis le procès et j'ai décidé de lever mon veto concernant la publication de cet article. Je crois que les arguments prononcés au procès étaient nécessaires pour l'explicitation de mes craintes et suffisantes pour les dépasser. Je remercie tout le monde de m'avoir permis de prendre le moment de m'assurer et d'être rassurée. Voici donc, un petit bout de notre quotidien avec Jules.
Nous vous embrassons.
-C'était une bonne idée de sortir nous promener. Je me sens un peu écrasée par les poids des impératifs, tous toujours hypothétiques. -Elie, tu sais que tu parles dans ton sommeil? -ah bon? Je parle de quoi? -de moi, bien sûr! -pourtant je n'ai pas de souvenir de faire des cauchemars. - c'est normal, t'ouvres tes yeux à moi, ma chérie. -t'es gonflé quand même. -c'est les pois chiches d'hier. C'est vrai que ça fait du bien de marcher un peu. -s'il ne faisait pas si moche... Tu sais que j’appréciais l'automne plus que toute autre saison quand j'étais plus jeune? -pourquoi ça a changé? -j'ai découvert mes fragilités. -sacrée déception... mais tu t'en sors bien cette année. Tu devenais vraiment insupportable quand il fait moche, ça l'air d'être changé. -Ouais. Il s'est avéré que je n'ai jamais été une guerrière. Merci d'être resté auprès de moi Jules. -qu'est-ce que j'aurais pu faire d'autre? Tu ne me laisses pas de choix. -tu parles comme si je t'avais mis des chaines. -si parfois. -je suis sérieuse. -moi aussi je suis sérieux. Puis, j'aime bien nos infidélités collabos. -c'est vrai qu'il est plutôt rare de pouvoir établir cette confiance. - Tu te souviens de notre premier rendez-vous? - Naturellement, mais je t'avais aperçu bien avant. -Je le sais, tu étais trop fière pour admettre tes sentiments.- c'est une question d'herméneutique. - qu'est-ce que tu veux dire? - je croyais que tu étais trop beau pour être sincère. - genre, Don Giovanni ? - si tu veux... du coup j'ignorais volontairement ta beauté. Puis, ce n'est pas ce qui m’intéresse le plus, tu le sais. - oui, enfin, je crois savoir. On est jamais certain avec toi. Tu as toujours ce coté un peu mystique. C'était lequel de tes amants qui t'avait dit que tu étais comme une femme derrière les rideaux, qui se croirait transparente quand bien même que seul son ombre se manifesterait à autrui? - Oui, mais c'est un grand romantique. Quel bel été c'était! Mais oui, je vois ce que tu veux dire. Mais tu sais que je t'en voulais longtemps de ne pas avoir le courage de venir me parler. - Bah, toi non plus tu ne l'as pas fait! - C'était toi le Don Juan. - Sois raisonnable. TU me voyais comme un Don Juan. Puis, tu n'es pas la grand-mère du coin non plus. - Arrêtes. T'es pas obligé de rendre le compliment. Je sais que je ne suis pas l'Aphrodite. C'était un peu ça aussi ce qui m'empêchais de venir te parler directement, je crois. - C'est-à-dire? - C'est-à-dire que je voulais que tu me considères d'abord comme un intellect et non comme un corps qui a aussi un intellect. Tu sais que c'est dur de vivre en féministe. Tu te poses beaucoup de questions, parfois inutiles. - Ce n'est pas aisé de comprendre ça en tant qu'homme mais rétrospectivement, même ces moments d'absence étaient précieux, tu trouves pas? Personnellement, je ne pense pas que nous avons perdu du temps.- Tu as raison, il y a toute une vie devant nous. - Ça t'arrive parfois de te demander ce que nous deviendrons si jamais nous nous perdons de vue? - Evidemment, mais je n'en fais pas un souci. L'être humain s'habitue à tout. Je pense que je serais toujours reconnaissante pour les moments que nous avions pu partagés, tant bien que mal. Qu'est-ce que tu en penses?
j'ai beaucoup réfléchi depuis le procès et j'ai décidé de lever mon veto concernant la publication de cet article. Je crois que les arguments prononcés au procès étaient nécessaires pour l'explicitation de mes craintes et suffisantes pour les dépasser. Je remercie tout le monde de m'avoir permis de prendre le moment de m'assurer et d'être rassurée. Voici donc, un petit bout de notre quotidien avec Jules.
Nous vous embrassons.
-C'était une bonne idée de sortir nous promener. Je me sens un peu écrasée par les poids des impératifs, tous toujours hypothétiques. -Elie, tu sais que tu parles dans ton sommeil? -ah bon? Je parle de quoi? -de moi, bien sûr! -pourtant je n'ai pas de souvenir de faire des cauchemars. - c'est normal, t'ouvres tes yeux à moi, ma chérie. -t'es gonflé quand même. -c'est les pois chiches d'hier. C'est vrai que ça fait du bien de marcher un peu. -s'il ne faisait pas si moche... Tu sais que j’appréciais l'automne plus que toute autre saison quand j'étais plus jeune? -pourquoi ça a changé? -j'ai découvert mes fragilités. -sacrée déception... mais tu t'en sors bien cette année. Tu devenais vraiment insupportable quand il fait moche, ça l'air d'être changé. -Ouais. Il s'est avéré que je n'ai jamais été une guerrière. Merci d'être resté auprès de moi Jules. -qu'est-ce que j'aurais pu faire d'autre? Tu ne me laisses pas de choix. -tu parles comme si je t'avais mis des chaines. -si parfois. -je suis sérieuse. -moi aussi je suis sérieux. Puis, j'aime bien nos infidélités collabos. -c'est vrai qu'il est plutôt rare de pouvoir établir cette confiance. - Tu te souviens de notre premier rendez-vous? - Naturellement, mais je t'avais aperçu bien avant. -Je le sais, tu étais trop fière pour admettre tes sentiments.- c'est une question d'herméneutique. - qu'est-ce que tu veux dire? - je croyais que tu étais trop beau pour être sincère. - genre, Don Giovanni ? - si tu veux... du coup j'ignorais volontairement ta beauté. Puis, ce n'est pas ce qui m’intéresse le plus, tu le sais. - oui, enfin, je crois savoir. On est jamais certain avec toi. Tu as toujours ce coté un peu mystique. C'était lequel de tes amants qui t'avait dit que tu étais comme une femme derrière les rideaux, qui se croirait transparente quand bien même que seul son ombre se manifesterait à autrui? - Oui, mais c'est un grand romantique. Quel bel été c'était! Mais oui, je vois ce que tu veux dire. Mais tu sais que je t'en voulais longtemps de ne pas avoir le courage de venir me parler. - Bah, toi non plus tu ne l'as pas fait! - C'était toi le Don Juan. - Sois raisonnable. TU me voyais comme un Don Juan. Puis, tu n'es pas la grand-mère du coin non plus. - Arrêtes. T'es pas obligé de rendre le compliment. Je sais que je ne suis pas l'Aphrodite. C'était un peu ça aussi ce qui m'empêchais de venir te parler directement, je crois. - C'est-à-dire? - C'est-à-dire que je voulais que tu me considères d'abord comme un intellect et non comme un corps qui a aussi un intellect. Tu sais que c'est dur de vivre en féministe. Tu te poses beaucoup de questions, parfois inutiles. - Ce n'est pas aisé de comprendre ça en tant qu'homme mais rétrospectivement, même ces moments d'absence étaient précieux, tu trouves pas? Personnellement, je ne pense pas que nous avons perdu du temps.- Tu as raison, il y a toute une vie devant nous. - Ça t'arrive parfois de te demander ce que nous deviendrons si jamais nous nous perdons de vue? - Evidemment, mais je n'en fais pas un souci. L'être humain s'habitue à tout. Je pense que je serais toujours reconnaissante pour les moments que nous avions pu partagés, tant bien que mal. Qu'est-ce que tu en penses?
(parasites)
-oui, mais c'est toi qui m'a montré, indirectement, que je t'attribuais des qualités que tu n'avais pas forcement. Ce qui était étrange, c'était de témoigner à la fois la démolition de mon toi et la subsistance de ma volonté de connaitre le tien. Je crois qu'elle a même été intensifiée. - Je pense que tu étais dans un moment de ta vie où tu voulais stabiliser tes expériences amourettes? - Il y a certainement de ça, mais après, comment dissocier ta personne de mes propres conditions? Je te suivais quand même avec une curiosité intellectuelle aussi. J'avoue que je n'étais pas toujours très satisfaite d'ailleurs. - Tu ne l'es toujours pas. - Toi non plus. - Tu penses que c'est le moment où on a décidé d'affronter ensemble nos imperfections et nos discordances respectives que nous avons commencé véritablement d'aimer l'un-e et l'autre? - Je suis trop romantique pour admettre cette interprétation. Je pense que je t'aimais même quand tu n'étais qu'un Don Juan. Sinon, pourquoi me ferais-je la peine de me questionner sur ce que je ressentais pour toi? - ah les femmes! - vas! tu sais mieux que ça! - d'accord, ne t'énerves pas! Je voulais dire ah les romantiques! - Tu savais que j'avais écrit le souvenir en slow-motion pour toi, entre-autres? - je l'espérais. - Je m'en souviens combien je voulais que tu t'excuses auprès de moi, et non à voix si haute, de ne pas y être arrivé plus tôt. - C'est toi qui est gonflée. Pourquoi tu l'as pris sur toi? Je n'ai pas le droit d'être dégoûté parce que j'ai raté autre chose? - Oui, tu as raison. C'est mon érotomanie peut-être. Mine de rien, j'avais le cœur qui a sauté un coup quand tu es entré dans la pièce avec tes pantalons noirs et chaussures marronnes. -Comment tu t'en souviens de ça? Je vais commencer à m'inquiéter pour ton bien être. Tu ne sois pas un stalker? - Mais non, idiot, c'est parce que je l'avais mentionné dans mon carnet quand j'écrivais mes impressions du jour. J'y avais mis aussi que tu avais un cul bien trop petit pour mon gout. - Tu m'aimais sans vraiment m'aimer dans mon intégralité alors, y compris corporellement? Ça ne fait pas de sens. - Bien sur que si, c'est ta définition d'amour qui ne correspond pas la mienne, peut-être? J'aime tout le monde, puis ça se transforme à autre chose avec les partages, le temps. - Qu'est-ce que je suis devenu pour toi après tant de temps? - Un amour durable! - Au moins mon image en toi correspond à tes convictions politiques. - Tu sais bien que je ne fonctionne pas par des impératifs catégoriques. C'est toi, singulier et insaisissable qui occupe mon cœur. - j'ai envie de t’embrasser. - pourquoi tu ne le fais pas? - ...
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