lundi 29 juillet 2019
dimanche 21 juillet 2019
P.n°25, relations quantiques
-écrivaine! Qu'est-ce que tu fais? Tu vas nous brûler tous! Tu as décidé de mettre le feu à ton appartement ou quoi? Hé! Aidez moi éteindre ce truc! Venez! Vite! - calme-toi Elie. Ce n'est qu'une sorte de rituel que j'ai inventé tout à l'heure. - en mettant nos vies en danger? Tu parles! D'ailleurs depuis quand tu ressens le besoin de t'adresser à une quelconque divinité? - mais non, c'était pour vous invoquer. J'ai besoin de vous parler mais c'est comme si vous étiez toustes disparu-es. - pas besoin de nous menacer de mort pour nous appeler - de quelle menace parles-tu? Ecoute, j'avais allumé une bougie mais elles se consomment trop vite ces trucs, tu le sais. La mèche s'est enfoncée dans la cire de façon à ce que je ne puisse la rallumer. Du coup, j'ai mis le feu aux feuilles de sauge. C'est B qui me l'avait appris, ça sent super bon, comme un encense. Et j'ai prévu toute conséquence néfaste, c'est pour ça que la bougie est sur un plateau céramique dans le grand bol en verre. - tu es malade, toi. Ce que tu as fait était dangereux! Admets-le! - je croyais que c'était moi la peureuse. - je suis prudente. c'est différent. - vas! Du moins j'ai réussi à te faire sortir de ta cachette. Sérieusement, où êtes-vous? -ben, je suis là. -et les autres? - jules n'est pas venu. Il a décidé de rester à Nice. -ah merde! Comment tu te sens? Vous vous voyez encore? - ça va... heureusement que nous ne perdrons jamais le contacte avec notre village d'origine, nous les habitant-es de la conscience, même si tu n'y retournerait jamais corporellement. Tu ne le savais pas? -non, enfin si, je l’espérais sans en être certaine. Du coup, vous pouvez faire des aller-retours sans mon corps? - eh bien, ça ne se passe pas comme ça exactement. Tu as déjà entendu le principe de superposition quantique. Le moment où tu entres en interaction avec nous, c'est-à-dire que lorsque tu parviens à nous mesurer, pour ainsi dire, nous apparaissons dans ta combinaison d'espace-temps. Sinon, nous sommes un peu partout, ou nulle part, à notre façon, les théories divergent. En ce qui concerne notre réalité à nous, et non notre apparaître, nous vivons de la manière dont nous te racontons lorsque tu nous invoques pour nous le demander et cela dépend de tes questions et surtout de la manière dont tu les nous poses. -c'est magique, ça! Mais attends, je croyais que le village que nous avons construit ensemble était une sorte d'espace-temps à part. Je veux dire, je comprends que vous ayez vos vies et vos quotidiens respectifs mais dire que vous le vivez en concordance avec les questions que je vous adresse, c'est de la science-fiction ça! Ont-elles une sorte d'influence sur la façon dont vous vivez cette vie, rétrospectivement? C'est une sorte de boucle temporel? - easy-queasy. Ta première hypothèse est une sorte de mélange entre l'interprétation de Copenhagen et celle des univers parallèles qui est une interprétation assez populaire, une alternative à la première. Mais tu poses des questions compliquées. L'interprétation de Copenhagen affirme que nous, les objets d'un système quantique, venons "en vie" (ici ou ailleurs) lorsque les conditions requises sont réunies. C'est ce qu'iels appelle la collapse adéquate d'une fonction d'onde. Autrement dit, nous n’apparaîtrions que si un autre objet (ou une observatrice en l'occurrence ) interagit correctement avec nous. Souviens-toi de P.n°17. Tu ne voulais pas parler jusqu'à ce qu'on te pose la question correctement, c'est un peu pareil. Les caprices du signifié... - le fait que je ne puisse pas vous parler quand je veux, où je veux et que vous veniez me parler uniquement quand vous vous sentez prêt-es, c'est à cause de cela? - umm... pas vraiment. Enfin, ce n'est pas comme si nous avons l'intention de te faire attendre, ou que tu ne parviens pas à créer les fameuses conditions requises. Nous ne sommes pas une expérience scientifique, tu sais. Mais on va y revenir. - quid des univers parallèles alors? notre village, elle n'existe pas quelque part? -alors, les tenants de l'interprétation de Multiverse (ou des univers parallèles) pensent que tout est possible. Des théoricien-ne-s gâté-e-s, tu vois. Iels affirment, contrairement aux perfectionnistes dont j'ai parlé au premier, que nul besoin de conditions contraignantes pour qu'un objet apparaisse. Tout existe partout, dans des états infiniment divers et multiples. Ce que nous voyons lorsqu'on interagit avec quelque chose n'est que l'un de ses états possibles, qui existerait dans cet univers-ci. Le chat de Schrödinger existerait-il dans un univers et serait mort dans un autre, simultanément? Cela est un vif débat. mais cette interprétation a donné beaucoup de matière aux œuvres de science-fiction (et vice-versa bien évidemment) car elle fait rêver. Certain-es pensent que les différents univers existent simultanément, ce qui fait tomber complètement la notion de temps et les différents mondes se trouvent, en fin de comptes, dans un état statique. D'autres pensent qu'il s'agit d'un groupement d'univers à nombre infini mais finalement il n'y aurait pas d'autre chose que d'univers particuliers. Imagines! Un Tout où tout est dedans et qui n'a pas de dehors. Les psychanalystes diraient peut-être que c'est le problème de Mère-toute-puissante, une difficulté d'individuation selon la psychologie analytique. -d'accord mais comment serait-ce possible que vous existiez à la fois dans notre village, et dans le monde de mon corps ? Tu aurais par exemple ton double? On a trouvé une façon de communiquer entre de différents univers? Tu atterris ici à travers une sorte de voyage cosmique? Je suis une folle peut-être qui crois au monde qu'elle a créé? - n'oublie pas de respirer. Rien de tout cela. Croire que tu es capable de posséder un bout de conscience à toi est une conséquence qui s'est développée en parallèle avec la généralisation de la propriété privée. Lorsque l'être humain a commencé à mettre en question son Dieu, il a eu le besoin de le remplacer avec quelque chose : lui-même. Imagine, un espace ou nul peut atteindre, depuis lequel on peut philosopher autant qu'on veut sans se mettre en question et qui prouve grâce à une sorte de boucle réfléchissante, l'existence de son propre Moi. Tu connais Les Méditations de Descartes. ça ne pue que de ça. Donc non, tu n'es pas une folle qui crois au monde qu'elle a créé elle-même. Nous n'appartenons pas à toi. Nous avons notre propre réalité, c'est tout. -tu me rassures. -quant à les autres quatre questions, elles sont effectivement dotées d'imagination. La première rappelle une notion, celle d'ubiquité, être à deux endroits en même temps. Elle me doterait d'une particularité bien singulière mais elle est fausse, du moins à la première vue. Si Jules venait me chercher dans la tente (nous étions à Chalvagne quand j'ai senti la sauge brûlante), il ne me retrouverait pas, car je suis ici. Je réponds par là aussi à ta deuxième question car il ne retrouverait pas mon double non plus. Mais elle diffère de la première en ce qu'elle présuppose au moins deux réalités parallèles dont une avec toi, et l'autre sans toi. Réfléchis un peu. Pourquoi j'aurai un double et pas toi? Ou si tu en as un aussi, quelle serait la différence entre ces deux univers? Comment serait-il possible que j'ai conscience de mon double alors que ce sont deux univers séparés, et si on pousse la réflexion encore plus loin, si ces univers sont complètement différents, en quoi ce "double" serait le "mien" ? Que des questions mindblowing, hein? La troisième par contre, n'est pas facile à réfuter mais il n'est qu'une projection issue du chemin qui commence par l'invention du télégramme et mène à celle d'Internet car même l'information est faite des quanta, et de fait, fait partie d'un système quantique auquel s'appliqueraient les mêmes règles qu'on essaye de découvrir. La quatrième, le voyage cosmique, est de la pure fantaisie car le déplacement présuppose la vitesse, la position et surtout une orientation. Comment savoir où atterrir ? Cette question implique l'information, hence la réponse à ta troisième question. -je deviens dingue si je ne l'étais pas encore. Mais alors for the sake of je ne sais quoi comment mes questions ont une influence sur vos vies? Où se trouve notre village ? Comment nous nous communiquons? Rien n'est clair. - jusqu'ici, nous avons parlé de l'interprétation de Copenhagen, et de celle de Multiverse. Il faudrait aussi parler de l'interprétation relationnelle de Rovelli, dont tu avais mentionné rapidement une fois. -oui, la première fois que M m'en avait parlé après l'avoir écouté lors d'une conférence à Londre, j'étais super excitée! L'article qu'il m'avait envoyé (1997) à titre d'introduction est hyper clair, même pour les non physiciens car il donne beaucoup d'importance à l'aspect philosophique de sa théorie. -qu'est ce que tu en souviens? -eh bien, déjà le nom, l'interprétation relationnelle n'est pas sans faire allusion à l'épistémologie féministe, bien que sans référence explicite. Je m'étais dit : enfin une théorie physique qui fait attention à l'aspect interactionnel du monde au lieu de chercher à multiplier sans cesse et jusqu'à l'infini les possibilités de connaitre ainsi que le nombre des contenus à connaitre. (j'ai découvert ensuite, grâce à P, Karen Barad, une physicienne et théoricienne du "agential realisme". Je ne sais pas s'iels sont en contacte d'ailleurs. ça serait intéressant de lire une étude comparative sur les deux). Puis, il me semble qu'il parvenait à résoudre bien de problèmes ontologiques, comme l'existence ou non d'un état quantique en soi, vieille connerie kantienne. Mais j'ai vu ensuite qu'il y avait des interprétations néokantiennes de la RQM (Relational Quantum Mechanics), faut voir les écrits de Michel Bitbol... -ah mais ça va! tu es plus ou moins familière avec l'interprétation. Je ne vois pas pourquoi cela t'étonne autant quand je dis que notre réalité est relative à nous deux à la fois. -non, ce que je connais reste vraiment superficiel. Puis, je n'avais pas vraiment essayé de mettre en mots notre relation de cette manière. Ce sont des informations incomplètes et plus ou moins indépendantes en ce moment. J'aurais bien aimé réunir tout ça dans des phrases compréhensibles. -il va falloir que tu relises son article, et pourquoi pas celui de Barad aussi, tant que tu y es. Et on en reparlera une autre fois? - oui, un phénoménologue m'avait rassuré un jour que c'est lorsqu'on lit un livre avec une question dans la tête que ce qu'on lit prend sens. - lorsqu'on cherche tu veux dire? ça, c'est du relationnel, tu vois? -intéressant! d'ailleurs je suis arrivée à un point où, lorsque je réfléchissait sur la migration, se sont surgies des questions sur le Droit, ensuite sur la phénoménologie du droit. J'ai trouvé le livre de Kojève, un article qui fait référence à Reinach et un recueil d'articles dirigé par Joselyn Benoist et Jean-François Kervégan. -sacré programme pour la fin de vacances. -bah! Tu sais comment je suis. Je vais me contenter de les feuilleter. - cette fois avec une question dans la tête. -en effet! -d'ailleurs pourquoi tu voulais nous parler? - pour vous demander comment vous vous sentez en Turquie. J'avais l'impression que vous vous n'êtes toujours pas habitué-es à cette vie stambouliote car j'essaye de vous parler sur Göçebe en turc, sans issue... Je me disais peut-être que vous n'aimez pas trop le turc. - je pense qu'une partie de toi n'est pas encore prête à en parler. Sinon quelqu'un-e d'entre nous viendra nécessairement et naturellement et montrera notre état à sa façon et à la façon qui aurait fait que tu nous invoques. - encore du relationnel? -ouais. - d'accord, j'attendrai. - il est tard, qu'est-ce que tu vas faire demain? - je vais chez mes grands-parents, arroser les tomates et goûter des pastèques! Elles devraient être mûries depuis la dernière fois! -penses-tu toujours à t'installer dans une village? - je vais d'abord terminer ce master comme J-L m'a conseillé et je verrai après. Je n'ai pas encore ni le courage nécessaire pour abandonner la vie urbaine ni la conviction suffisamment forte que c'est vraiment ce que je désire. - sois sage alors, et ne brûle pas la maison en attendant. - dis, tu ne serais pas venue si je ne l'avais pas fait. -tu as raison, l'odeur de la sauge a un rôle à jouer là-dedans. -tu ne m'as pas donné de nouvelles des autres. -iels le feront elleux-mêmes lorsqu'iels se sentent prêt-es mais je te conseille de commencer par Alice, elle est grandie depuis, tu sais. -merci Elie. -Allez! je file retrouver Jules à Chalvagne. -moi, je file vers l'univers onirique.
samedi 6 juillet 2019
un rêve bleu ce soir
un rêve bleu fort
m'ébleuissant
rideaux bleus, lumière passe
(espèce de ciel)
sofa bleu, solitude aussi
et ce Bosphore?
n'en parlez plus !
grâce à ce peu de vert récemment
- de belles retrouvailles -
je les avaient vertis pourtant
un autre voir
que j'aime si naturellement
il a décidé de s'enfouir vers l'autre coté de l'océan
comme si la terre s'arrêtait là
plans de carrière
mon cul !
la réalité de cette ambition pue si fortement
que la rêveuse que je suis s'en bleu
une réminiscence désagréable
irrelevant, sans rapport, hors propos
n'importe quoi !
apprenons yavrumour
comment peut-on dire
"ne me laisse pas ?"
un rêve bleu fort
m'ébleuissant
ridicule
une hallucination
m'avait bleué un regard
il y a si longtemps
quelle idiote !
rideaux bleus, lumière passe
(espèce de ciel)
sofa bleu, solitude aussi
et ce Bosphore?
n'en parlez plus !
grâce à ce peu de vert récemment
- de belles retrouvailles -
je les avaient vertis pourtant
un autre voir
que j'aime si naturellement
il a décidé de s'enfouir vers l'autre coté de l'océan
comme si la terre s'arrêtait là
plans de carrière
mon cul !
la réalité de cette ambition pue si fortement
que la rêveuse que je suis s'en bleu
une réminiscence désagréable
irrelevant, sans rapport, hors propos
n'importe quoi !
apprenons yavrumour
comment peut-on dire
"ne me laisse pas ?"
mardi 14 mai 2019
exercice de conjugaison
Il faudrait certainement les prévenir
personne n'entretiendra ce jardin avant qu'iels ne soient parti-e-s
jadis, on passait arroser les fleurs
désormais, elles seront mouillées par rien d'autre que la pluie
car iels ne partiront jamais
et ont leurs propres vie dont s'occuper
une question de priorités ... vitales
après quoi, tout s'améliorera
ceci dit, cela avait été admis :
celleux qui ne pourraient jamais abandonner leur terre
seront banni-e-s de tous les lieux
afin qu'iels ne puissent jamais venir de nulle part
bien qu'il fût nécessaire qu'iels fuissent
même s'iels ne cherchaient à s'opposer à personne
mais à se poser entassé-e-s dans une demeure
rien que ça ...pour vous était-ce une source de peur?
Si et seulement s'il fait beau demain
nous n'irons nulle part du tout
puisque peu importe le nombre de pas qu'on fait
nous sommes chez nous
en revanche, s'il fait moche
ça sera de leur faute
et la peur de ne plus avoir un chez nous
est déjà aller trop loin
ce nous étant... à conjuguer soigneusement.
Quand comprendra-t-on qu'il aurait fallu soutenir
non pas le familier mais le courant ?
personne n'entretiendra ce jardin avant qu'iels ne soient parti-e-s
jadis, on passait arroser les fleurs
désormais, elles seront mouillées par rien d'autre que la pluie
car iels ne partiront jamais
et ont leurs propres vie dont s'occuper
une question de priorités ... vitales
après quoi, tout s'améliorera
ceci dit, cela avait été admis :
celleux qui ne pourraient jamais abandonner leur terre
seront banni-e-s de tous les lieux
afin qu'iels ne puissent jamais venir de nulle part
bien qu'il fût nécessaire qu'iels fuissent
même s'iels ne cherchaient à s'opposer à personne
mais à se poser entassé-e-s dans une demeure
rien que ça ...pour vous était-ce une source de peur?
Si et seulement s'il fait beau demain
nous n'irons nulle part du tout
puisque peu importe le nombre de pas qu'on fait
nous sommes chez nous
en revanche, s'il fait moche
ça sera de leur faute
et la peur de ne plus avoir un chez nous
est déjà aller trop loin
ce nous étant... à conjuguer soigneusement.
Quand comprendra-t-on qu'il aurait fallu soutenir
non pas le familier mais le courant ?
mardi 23 avril 2019
jeudi 18 avril 2019
P.n°24
Coucou l'écrivaine, veux-tu écrire? -Comme pas possible. -Pourquoi tu ne le fais pas? -Pourquoi les gens se parlent? -Pour se sentir moins seul-e? -Si j'écrivais, je deviendrais moins seule? -Nope. -Alors? -Tu cherches trop. -On ne cherche jamais assez. -C'est l'amour du philos? -C'est le manque d'Eros. Tu es freudienne. -Je ne suis rien. Je suis, c'est tout. -Il est difficile d'accepter de n'exister que pas soi, hein? -On n'est jamais que soi. -"Mais vous posez toujours les mêmes types de questions, historisicantes ". -Ça existe ce mot? -Qu'est-ce que j'en sais? -c'est à ce point là que tu t'es blessée? -Ce n'est pas moi qui me suis blessée. -Tu n'étais pas en forme? -J'étais en forme passive. -Tu as été blessée par quelqu'un? -Oui, mais ce n'est pas la même que celle qui a prononcé cette phrase qui m'a blessée. -Tu te répètes trop. -Je le sais... -Mais cette fois, c'était différent, non? - C'était différant. -Non, ils sont tous pareils. -Ouais...
-Qu'est-ce que tu fais ces jours-ci? - je cherche. -Mais enfin! -Ben je me suis installée. J'ai un bel appartement près de Bosphore mais je ne suis pas encore partie faire une ballade sur le promenade. J'ai commencé à travailler avec A. C'est vraiment gratifiant de voir les élèves progresser. J'ai une petite colocataire imprévue. Elle était abandonnée, les copines de la fac l'avait récupérée et cherchait pour elle une maison convenable. -Je croyais qu'il y avait beaucoup de chats à GSU. -Oui, mais celle-ci est une chatte d'appartement. Elle n'aurait pas pu survivre parmi les autres, d'autant plus qu'elle n'a que huit mois! - Une vraie délice. - Et responsabilité... Mais nous nous entendons bien, pour le moment. - Le fac alors? - Je n'y suis pas encore, toute à fait... J'essaye de suivre les conférences qui s'inscrivent dans mon domaine, et celles organisées par les étudiant-e-s également. Il y a un groupe de "science politique". Il n'y a pas beaucoup de monde, dans le noyau, mais un taux de participation vraiment pas mal. En plus iels invitent des universitaires de qualité, sur des sujets d'actualité. Mardi soir, j'ai assisté à une conférence sur le(s) nationalisme(s) dans l'Empire Ottoman et dans la Turquie républicaine. Ce qui était dommage, c'était qu'on n'a pas eu l'occasion de discuter de la Turquie actuelle. Le néo-ottomanisme d'Erdogan, la scission d'IP d'avec MHP, la problématique des "syrien-ne-s" (la Turquie aurait reçu 3,6 million de syrien-ne-s à l'heure actuelle)... on se vante de produire des avions militaires "locaux" sans pilotes. En revanche, à notre (pas très) grand surprise, un candidat du parti communiste a été élu à Tunceli aux élections municipales du mois dernier. La municipalité d'Istanbul (ou la métropoléanité) est au Parti kémaliste, ainsi qu'une grande partie de villes côtières. -Bon, ça, ce n'est pas nouveau. -En effet, mais ce qui est étonnant, c'est qu'il existe une effervescence, notamment parmi les jeunes qui semblent avoir retrouvé leurs espoirs dans le futur. -Tu es sûre que ce n'est pas une projection qui te fais dire cela? - Pas impossible. Mais j'en fais partie de cette jeunesse, donc... -Tu a recommencé à confondre la réalité avec tes vécus? - Elles n'étaient jamais séparées. -Malgré la Séparation? -Malgré la Dissociation... - Il y a aussi des "référents absents"... - J'en ai mangé aujourd'hui. Des boulettes de viande marinées dans l'huile d'olive accompagnées de patates et de tomates confies. Les garçons les ont beaucoup appréciées aussi. -No wonder. - C'était une belle soirée. -Tu as une belle vie? -Surement, comme toujours d'ailleurs. Je fais partie des privilégié-e-s. -Tu l'es encore plus? -Oui... -Tu as une belle vie? -Oui...
-J'ai décidé de faire pousser mes cheveux. - Tu n'en fais pas beaucoup, de changements de décision. -Je me laisse aller. -Tu es délaissée? -Je n'ai pas l'air. - La souris aurait été mangée par le chat? - Si elle l'avait su...
On dort?
Hmm...
-Qu'est-ce que tu fais ces jours-ci? - je cherche. -Mais enfin! -Ben je me suis installée. J'ai un bel appartement près de Bosphore mais je ne suis pas encore partie faire une ballade sur le promenade. J'ai commencé à travailler avec A. C'est vraiment gratifiant de voir les élèves progresser. J'ai une petite colocataire imprévue. Elle était abandonnée, les copines de la fac l'avait récupérée et cherchait pour elle une maison convenable. -Je croyais qu'il y avait beaucoup de chats à GSU. -Oui, mais celle-ci est une chatte d'appartement. Elle n'aurait pas pu survivre parmi les autres, d'autant plus qu'elle n'a que huit mois! - Une vraie délice. - Et responsabilité... Mais nous nous entendons bien, pour le moment. - Le fac alors? - Je n'y suis pas encore, toute à fait... J'essaye de suivre les conférences qui s'inscrivent dans mon domaine, et celles organisées par les étudiant-e-s également. Il y a un groupe de "science politique". Il n'y a pas beaucoup de monde, dans le noyau, mais un taux de participation vraiment pas mal. En plus iels invitent des universitaires de qualité, sur des sujets d'actualité. Mardi soir, j'ai assisté à une conférence sur le(s) nationalisme(s) dans l'Empire Ottoman et dans la Turquie républicaine. Ce qui était dommage, c'était qu'on n'a pas eu l'occasion de discuter de la Turquie actuelle. Le néo-ottomanisme d'Erdogan, la scission d'IP d'avec MHP, la problématique des "syrien-ne-s" (la Turquie aurait reçu 3,6 million de syrien-ne-s à l'heure actuelle)... on se vante de produire des avions militaires "locaux" sans pilotes. En revanche, à notre (pas très) grand surprise, un candidat du parti communiste a été élu à Tunceli aux élections municipales du mois dernier. La municipalité d'Istanbul (ou la métropoléanité) est au Parti kémaliste, ainsi qu'une grande partie de villes côtières. -Bon, ça, ce n'est pas nouveau. -En effet, mais ce qui est étonnant, c'est qu'il existe une effervescence, notamment parmi les jeunes qui semblent avoir retrouvé leurs espoirs dans le futur. -Tu es sûre que ce n'est pas une projection qui te fais dire cela? - Pas impossible. Mais j'en fais partie de cette jeunesse, donc... -Tu a recommencé à confondre la réalité avec tes vécus? - Elles n'étaient jamais séparées. -Malgré la Séparation? -Malgré la Dissociation... - Il y a aussi des "référents absents"... - J'en ai mangé aujourd'hui. Des boulettes de viande marinées dans l'huile d'olive accompagnées de patates et de tomates confies. Les garçons les ont beaucoup appréciées aussi. -No wonder. - C'était une belle soirée. -Tu as une belle vie? -Surement, comme toujours d'ailleurs. Je fais partie des privilégié-e-s. -Tu l'es encore plus? -Oui... -Tu as une belle vie? -Oui...
-J'ai décidé de faire pousser mes cheveux. - Tu n'en fais pas beaucoup, de changements de décision. -Je me laisse aller. -Tu es délaissée? -Je n'ai pas l'air. - La souris aurait été mangée par le chat? - Si elle l'avait su...
On dort?
Hmm...
mardi 12 février 2019
Pour une cohabitation avec l'espacetemps
C'est le départ qui va laisser derrière lui, pas moi. Je n'ai jamais
revendiqué autre chose que d'être de passage. On ne revendique pas si on est politisé-e ; on ne demande pas des droits dans les manifs on fait connaissance; il ne s'agit pas de
s'adresser à une instance supérieure pour qu'elle nous octroie la justice,
l'égalité encore moins la liberté. Ces choses là révèlent des affaires
terrien-ne-s. Elles touchent les corps, elles s'entendent, elles s'aiment,
elles pleurent, donnent des coups de pieds aux vélos lorsqu'on est en colère
face à l'injustice, écrivent des commentaires critiques pour que les oreilles qui n'entendent pas se représentent l'inégalité. Elles sont libres, partent de leur
chez soi et laissent derrière elles l'espace qu'elles occupaient auparavant,
l'espace qui les occupait depuis le début, les espaces qu'elles gardaient et
soignaient jusqu'au prochaine dé-ménagement, elles sont de passage entre les
maisons, entre les sociétés, entre les humanimaux et les humanimales et tout le
reste. Et elles existent à mesure que leur extension s'étale parmi les
différentes couches/groupes/classes/populités de la société.
La politique n'est pas entre les Etats. "Relations internationales" est un domaine d'études complice et destructeur de valeur. Il faudra le remplacer par "Relations Capitalistes" pour donner crédit à son contenu et rester près de sa vérité mais les universités sont plus complices qu'un domaine d'étude.
Si la dissociation de la valeur n'étaient pas si ancrée dans les fondements mêmes de l'Etat qui est une "catégorie du capitalisme", ces politicien-ne-s ne feront pas de "politiques d'identité", vendant des armes aux enfants pour se faire une place dans les "Transformations de l'impérialisme à l'époque mondiale"(1), qui convient à leurs statu-quo d'aujourd'hui dans les dynamiques du pouvoir multi-pôles; n'instrumentaliseront pas les valeurs comme l'égalité sous l'étiquette du "mariage pour tous", [récupération néolibérale des critiques sociales telles que celles qui ont été formulées par le FHAR dont l'une de cofondatrices est Françoise d'Eaubonne, par ailleurs écoféministe, libertaire et romancière de la science-fiction], ou comme la liberté promue par des slogans comme la "liberté d'être moi" dans des publicités de maquillage qui ne sert qu'à uniformiser les femmes, les dresser, et à les préparer à l'esclavage sexuelle à vie (ou à mort pour certaines), dissimuler leur manque d'intérêt (faible taux d'intérêt certainement) aux milliers des femmes qui payent leurs "passage" par leur viol.
La politique n'est pas entre les Etats. "Relations internationales" est un domaine d'études complice et destructeur de valeur. Il faudra le remplacer par "Relations Capitalistes" pour donner crédit à son contenu et rester près de sa vérité mais les universités sont plus complices qu'un domaine d'étude.
Or chaque valeur a besoin d'une instance active, un agency, afin de pouvoir
circuler mais contrairement à ce qu'on croit, elles ne sont pas attendues le
gouvernement de Macron qui fait de toute institution Etatique (fonction
publique) une entreprise autonome, une machine à créer de l'argent. Avec un
développement technologique phallocrato-capitaliste qui dévore tout ce qu'il
trouve sur son chemin y compris sa propre milieu d'existence et qui tend vers
l'intelligence artificielle, les lentilles de contact connectées, le
transhumanisme, quelle autre imaginaire peut-on attendre de nos "élus du
peuple» ?
Ces politicien-ne-s, s'iels se souciaient vraiment de la politique,
auraient remarqué dès l'ENS ou Sciences Po par quelle roue ces institutions
élitistes font passer leurs étudiant-e-s. S'iels avaient autant étudié Hannah
Arendt que leurs professeurs aiment citer tant, iels s'intéresseraient aux
critiques sociales telles que le féminisme, l'antiracisme, l'anticolonialisme,
l'antimilitarisme, l'anarchisme, études subalternes et leurs étudiant-e-s
aujourd'hui étudieront l'animalisme, la critique de la dissociation (de la)
valeur, l'écologie sociale. Idées "postmodernes"! Paroles de
l'Aristocratie déguisée en "capital culturel" qui habitent les
monopoles du pouvoir alors que les gens meurent entre les deux frontières qui
ne sont qu'une : l'enclosure "postmoderne" de l'accumulation
primitive.
Si la dissociation de la valeur n'étaient pas si ancrée dans les fondements mêmes de l'Etat qui est une "catégorie du capitalisme", ces politicien-ne-s ne feront pas de "politiques d'identité", vendant des armes aux enfants pour se faire une place dans les "Transformations de l'impérialisme à l'époque mondiale"(1), qui convient à leurs statu-quo d'aujourd'hui dans les dynamiques du pouvoir multi-pôles; n'instrumentaliseront pas les valeurs comme l'égalité sous l'étiquette du "mariage pour tous", [récupération néolibérale des critiques sociales telles que celles qui ont été formulées par le FHAR dont l'une de cofondatrices est Françoise d'Eaubonne, par ailleurs écoféministe, libertaire et romancière de la science-fiction], ou comme la liberté promue par des slogans comme la "liberté d'être moi" dans des publicités de maquillage qui ne sert qu'à uniformiser les femmes, les dresser, et à les préparer à l'esclavage sexuelle à vie (ou à mort pour certaines), dissimuler leur manque d'intérêt (faible taux d'intérêt certainement) aux milliers des femmes qui payent leurs "passage" par leur viol.
En revanche, si nous n'étudierons pas la wert-abspaltungskritik à
l'université, nous ne comprendrons pas comment la politiques identitaires qui
animent les universités (et il ne s'agit pas des doyen-ne-s actuel-le-s - qui ne sont pas (encore) nommé-e-s par les multinationales, ni
du ministre de l'éducation nationale qui assume clairement sa position d'esthète face aux discussions sur l'écriture inclusive(2), ni donc de "oui mais il y a
même des ministres femmes", ni par ailleurs de celleux qui
"revendiquent" la parité au sein du gouvernement) nous empêchent de
voir clair les rapports entre le "procédure Dublin" et
l'augmentation des frais d'inscription pour les étudiant-e-s étrangèr-e-s. Ceux
entre la Service Nationale Universelle (3) et la
loi anti-casseur : la professionnalisation du militantisme par un double mouvement
: l'introduction de la dissociation "bénévole" ou
"volontaire" [alors qu'il y a trois ans, lorsque je travaillais sur un
devoir de sociologie qualitative à travers des enquêtes auprès des
"bénévoles ou volontaires", il n'existait pas de telles catégories,
ni même en termes de valeur chez les "personnes de terrain"] et la
criminalisation et donc exclusion d'une certaine populité (groupe
social, si vous voulez) par l'instauration des limites juridiques à
l'engagement politique, comme si "l'imaginaire terroriste" ne
suffisait pas. Comme si ces politicien-ne-s ne sont pas emmerdé-e-s par la masse de personnes
qui arrive à poser des pieds sur "leur sol", déplacées à cause des
guerres qu'iels créent sur "leur sol"; par la montée en puissance de
la populace engagée qui veut de plus en plus retrouver sa potentialité
intellectuelle critique en se nourrissant des engagements et théories
contemporaines, au point d'organiser des contre-séminaires (sur l'histoire des
idées féministes par Graf-étudiant-e-s à la Fac de Nice, étudiant-e-s queer qui
travaillent sur la "Queer psychanalyse" à Mirail ou des villagois-e-s
qui remplissent toute la salle pour écouter l'écologie sociale).
La politique est entre les animaux. Elle mange autophage(zoophagie),
séquestre, fait du tourisme d'esclavage procréatif, désenfante, nexploite et qui
ne peut pas être exprimée dès lors qu'il n'y a personne pour le nommer pour la
première fois afin de rendre l'impensé, réel. L’invention lexicale est une
nécessité de justice pour sortir du statu quo gynocidaire, pédocidaire et
zoocidaire. Et à toute lutte nouvelle correspond l’indispensable créativité
lexicale pour nommer ce qui était caché. Chaque mot est un discours politique.
Prenons le mot « élevage » et préférons lui naixtermination pour nommer ce dont
il s’agit : une extermination cyclique par les naissances sans volonté
d’extinction mais par zoolocauste perpétuel causant extinction eugéniste bien
réelle des races dans les espèces et des espèces. Zoocide faisant écocide
faisant zoocide. L’élevage est un nesclavage des chairs qui n’élève personne
mais enlève les enfants à leur mère empêchée de pouvoir les élever. (4)
Voici comment on nomme l'impensé. Voici un miroir qui est autre chose que
l'image qu'elle montre à un certain anti-idéalisme plus hegelien que marxien,
de type henryen qui essaye de "purifier" la philosophie (car la
radicalité n'est pas donnée aux philosophes de fauteuil mais aux militantes
féministes). Voici comment on fait entendre le cycle (et non imagifier). C'est en
ce sens aussi que la pensée du spectacle est incomplèt. C'est une bande de
gamins comme disait Murray Bookchin et comme l'écrit si bien Michèle Bernstein.
(5)(6) Le "temps cyclique" invisibilise le processus qui commence par
la dissociation de la valeur pour le parachever aux pieds d'un mur qui cache sa
propre reproduction. -Il faut tout de même reconnaitre que, là où Murray
Bookchin se contredisait, c'était la tonalité condescendante de son approche,
c'est-à-dire la recherche de la domination ; une faille courageusement évitée
chez la pensée animaliste de Solveig Halloin.
Le monde doit être un terrain de jeu mais ne l'est pas. Et ce n'est pas toute la tragédie du monde.
Le monde doit être un terrain de jeu mais ne l'est pas. Et ce n'est pas toute la tragédie du monde.
Lorsque la critique du capitalisme touche à ces composants urbains (Debord,
D'eaubonne, Bookchin) serait-elle capable d'identifier sa propre domination dissociée
?
(1) Bedszent et Konicz, Guerre d'ordre mondial : la fin de la
souveraineté et les transformations de l'impérialisme à l'époque de la
mondialisation, Horlemann Verlag, 2003, ouvrage non traduit en
français. www.palim-psao.fr/2015/03/etat-islamique-inc-par-les-amis-de-nenemis.html
(2)http://cheekmagazine.fr/societe/eliane-viennot-demonte-arguments-contre-ecriture-inclusive/
(3)https://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/service-national-universel-scenarios-proposes.html
(3)https://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/service-national-universel-scenarios-proposes.html
(4)https://boucherie-abolition.com/2019/01/29/faire-apparaitre-la-zooppression-dans-la-langue-pour-la-faire-disparaitre/
(5) http://www.spectacle.co.uk/archive_production.php?id=774
(6) Bernstein, Tous les Chevaux du Roi, Allia, 2004
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