Ce soir, nous écoutons Lamb of God, In Flames, Katatonia et Pain of Salvation. L'état d'esprit est rebel et viril avec une touche de nostalgie. Les frontières sont celles de l'anarchie, de libertarien et du vin des Côtes du Rhône. L'amour est omniprésent. Sans objet de désir, il fait des voyages spatio-temporelles. C'est le début d'une nouvelle confusion. Bras ouverts, nous l'accueillons.
La problématique de Jung de l'autre jour nous a interpellé et as we walk through the ashes, we whisper its name.
A qui appartient ce corps? Qu'est-ce que l'appartenir? Dans la mesure où l'écrivaine l'approprie pour en faire le support nécessaire de l'extériorisation de son existence, il est à elle. Mais quelle serait la durée légitime de cette appropriation? Quelles seraient les critères qui détermineraient les limites de son utilisation par elle? through the undertow, let me go. Serait-elle en mesure de let it go? Réellement, non. Cependant, le problème réside dans la revendication. A qui adressons-nous cette revendication? L'instance de reception, n'est-elle pas, dans le même mouvement, est légitimée? Et si nous voulions mettre en question l'autorité de cette instance? Quelle serait dès lors la référence à partir de laquelle nous formulons la revendication d'une libération? L'émancipation entre en jeu peut-être précisément sur ce point. Non seulement pour se débarrasser d'une référence d'autorité, mais aussi pour se constituer en l'absence d'une quelconque autorité. On est à la porte d'un certaine existentialisme? D'un plus grand féminisme?
Reconciliation. Non pas dans le rejet mais dans l'acceptation. Non pas dans la soumission mais dans la désocialisation. Dans une socialisation choisie. Selon quelles critères? J dirait le désir (trop libéral?). G dirait que le désir s'impose (l'essentialisation?). B dirait le consentement (l'invisibilisation?) Ma tête pompette dirait: l'anarchisme intersectionnel. Omer Khayyam dirait sous la plume d'Amin Maalouf: "lève-toi, nous avons l'éternité pour dormir". Elvis Presley ajoutera : "its now or never". Nous les suivons.
Nous accepterons par la même les dérives de la pensée. Je me suis touchée hier en sachant que je touchais à mon corps pensant que mes touchées étaient les siennes. En touchant, en touchant à lui. En me sentant touchée par ces mains qui ne m'ont touché qu'une seule fois, sur le coude. à bas rien mais à bas la honte. Nous acceptons nos fantasies, nous assumons nos contradictions lorsque celles-ci nous font penser ce soir à elle. Nous dénonçons l'impératif de la pudeur et les normes de l'hétéronormativité. Nous aimons librement, sans que cela implique l'appartenance de ce corps à ce désir; sans que cela indique l'appropriation d'un désir par une seule image, celle d'une représentation du bonheur attribué. Nous revendiquons le désir de pouvoir désirer par choix, par communication, par reconnaissance de l'autre en tant qu'iel se présente selon ses propres conditions d'existence, en tant qu'iel veut se faire connaître.
Faisant l'expérience de l'être entier qui tourne, sans que la réalité ne bouge, nous admettons que l'espacetemps sans tiré (C. Rovelli) dépasse notre puissance d'agir, mais aussi de penser. Ce qui est mis en mots devient par là, une vulnérabilité. (dont la définition dans la loi sur l'immigration de 2015, ni bien évidemment dans la Convention de Genève, n'inclut pas la violence domestique comme motif d'octroi d'asile) A chaque fois que la réalité rentre en contradiction avec la philosophie, il y a matière à réfléchir car l'exception ne fait pas le règle. ça, nous l'assumons parfaitement.)
Avant d'écouter Opeth, nous dénonçons les publicités de Veet qui promeut la mise en valeur des sourcils. Nous dénonçons la publicité tout court. Nous dénonçons l'hyperséxualisation des corps des femmes. Avec l'arrivé de l'été, nous savons que nous allons être obligées d'adopter, de nouveau, une stratégie supplémentaire pour retourner les regards de nos seins non-opprimés par le soutien-gorge vers nos yeux, les interlocuteurs de nos propos. Hello, je suis là. Une préoccupation constante non méritée ni désirée. (où est le désir et où le consentement dans des cas pareils?)
Harvest, un excellent morceau pour poser son menton sur sa rotule et pour dire bonne nuit.
Bonne nuit, donc.
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