Un jour comme un autre, pour moi. Iels continuent à avoir froid
sous le pont de Vintimille, l'hiver s'approche. Quelques bénévoles, qui
essayent d'y passer au moins une fois par jour, distribuent de la nourriture et
des vêtements qui ne suffisent jamais, sous peine d'être arrêté-e-s par la
police.
Les refugiéEs ont à s'abriter à la fois du froid, de la police et
des hommes qui les regardent comme des corps qui s'offrent. Souvent, avant
d'arriver sur le territoire européen, elles paient leur passage de la
méditerrané par leurs corps et arrivent l'autre côté de la mer ayant deux cœurs
qui battent. Les hommes s'approchent d'elles et offrent un contrat provisoire :
s'iels sont en couple avec enfant, tous les deux auront plus de chances de
recevoir des aides d'Etat.
Depuis que l'Eglise San-Antonio a fermé ses portes, il n'y a que
le camp de la Croix Rouge à Vintimille avec une capacité d'accueil de 400
personnes. 1) L'espace dédié à l’hébergement des hommes entoure celui des
femmes, au milieu de tout. Les chiottes sont dehors, il ne faut pas pisser la
nuit. Celles qui entendent plus que cette dernière phrase, préfèrent dormir
sous le pont où on se lavent et lavent ses affaires dans la rivière. Les
maladies circulent. 2) L'entrée au camp exige qu'on donne ses empreintes
digitales en Italie, et qu'on y fasse sa demande d'asile. Si on a prévu d'aller
dans un autre pays pour une quelconque raison, mieux qu'on dort sous le pont,
même s'il n'y aura pas des chiottes du tout.
Le réseau de prostitution ne s'arrête pas aux frontières de
l'espace Schengen. Les réfugiés ont besoin de trouver des moyens souterrains
pour subvenir à leurs propres besoins aussi, quoi de mieux que les corps-objets
des femmes pas-encore-enceintes ? En fin de comptes, la marchandisation des
corps des femmes n'est pas une invention de la "crise migratoire".
Les femmes y consentent, elles ont besoin d'un protecteur contre la menace
d'être renvoyée à leur pays d'où elles ont fui, peur de Mourir ou de passer
toute une vie avec un homme trente-sept ans plus âgé que soi. On préfère la
survie aux quelques rapports sexuels. "J'y pense pas et ça passe". On
préfère le viol à une vie entière de soumission. Quoi de neuf ?
Ici, un jour comme un autre, pour moi.
- joyeux anniversaire
- merci.
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