mardi 7 novembre 2017

Un jour comme un autre, pour moi. Iels continuent à avoir froid sous le pont de Vintimille, l'hiver s'approche. Quelques bénévoles, qui essayent d'y passer au moins une fois par jour, distribuent de la nourriture et des vêtements qui ne suffisent jamais, sous peine d'être arrêté-e-s par la police. 

Les refugiéEs ont à s'abriter à la fois du froid, de la police et des hommes qui les regardent comme des corps qui s'offrent. Souvent, avant d'arriver sur le territoire européen, elles paient leur passage de la méditerrané par leurs corps et arrivent l'autre côté de la mer ayant deux cœurs qui battent. Les hommes s'approchent d'elles et offrent un contrat provisoire : s'iels sont en couple avec enfant, tous les deux auront plus de chances de recevoir des aides d'Etat. 

Depuis que l'Eglise San-Antonio a fermé ses portes, il n'y a que le camp de la Croix Rouge à Vintimille avec une capacité d'accueil de 400 personnes. 1) L'espace dédié à l’hébergement des hommes entoure celui des femmes, au milieu de tout. Les chiottes sont dehors, il ne faut pas pisser la nuit. Celles qui entendent plus que cette dernière phrase, préfèrent dormir sous le pont où on se lavent et lavent ses affaires dans la rivière. Les maladies circulent. 2) L'entrée au camp exige qu'on donne ses empreintes digitales en Italie, et qu'on y fasse sa demande d'asile. Si on a prévu d'aller dans un autre pays pour une quelconque raison, mieux qu'on dort sous le pont, même s'il n'y aura pas des chiottes du tout. 

Le réseau de prostitution ne s'arrête pas aux frontières de l'espace Schengen. Les réfugiés ont besoin de trouver des moyens souterrains pour subvenir à leurs propres besoins aussi, quoi de mieux que les corps-objets des femmes pas-encore-enceintes ? En fin de comptes, la marchandisation des corps des femmes n'est pas une invention de la "crise migratoire". Les femmes y consentent, elles ont besoin d'un protecteur contre la menace d'être renvoyée à leur pays d'où elles ont fui, peur de Mourir ou de passer toute une vie avec un homme trente-sept ans plus âgé que soi. On préfère la survie aux quelques rapports sexuels. "J'y pense pas et ça passe". On préfère le viol à une vie entière de soumission. Quoi de neuf ? 

Ici, un jour comme un autre, pour moi.
- joyeux anniversaire
- merci. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire