samedi 17 décembre 2016

P.n°11 - L'entretien avec Sylvia

-On dit que vous vous lavez avec du Chopin, est-ce vrai? 
-Eh bien, ça m'arrive de me sentir en puissance mais en générale c'est l'inverse. Voyez, les polonais ont une facilité pour s'occuper du sentiment d'inexistence. L'insurrection en pourrait être une alternative mais se faire reconnaître a un prix bien plus élevé que ce que la plupart d'entre nous puisse s'offrir. Se réfugier dans une bonne bain bien tiède ne fait mal à personne. 

-C'est très pacifique comme point de vue, on dirait même très passif. Vous ne craignez pas que votre réputation comme femme-forte soit en danger? 
-Darling, laisse moi te corriger sur un point crucial. La girafe est grande mais son bébé court le risque de se faire abandonner s'il n'arrive pas à se mettre débout dans les quinze minutes qui suivent sa naissance. Si la petite arrive à se lever dans la seizième minute de sa vie, comment veux-tu qu'il survive avec ce sentiment d'échec, bien qu'il parvienne plus tard à se faire une place dans son groupe? Eh bien, il continue à manger des feuilles d’acacias pour pouvoir continuer à manger des feuilles d'acacias. 

-Merci pour cette information... euh... triviale mais je ne vois pas le lien. 
-Puisque tu n'es pas une girafe. 

-Vous non plus. 
-Mais j'ai une nuque longue et un cœur qui pèse beaucoup plus lourd que le tien. 

-Dois-je le prendre dans un sens péjoratif? 
-Je vais chez Chopin pour me dévoiler.

(...) 

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